Parce que moi aussi j'ai mes rêves.

T'es chiche de me suivre si je m'envole?

28 janvier 2007

Je veux me noyer dans des mails.

Écrire la vérité et l'effacer rapidement avec l'embout blanc magique, pour me persuader que je ne peux pas être tombée si bas si vite. Que je dois être une fille qui écrit des fictions et non des articles autobiographiques. Que ma vie ne peut pas se résumer à ça. A ce rien qui prend trop de place et qui m'étouffe progressivement. Les pages se tournent et restent vierges. Elle ne pleurera plus à cause de mes mots maladroitement alignés sur des vieux cahiers scolaires. Mathématiques. Tu parles. Entre toutes ces formules je prenais le temps de caser mon silence. Ma promesse déjà fichue.
Je me cramponne à des souvenirs trop vite éteints et m'habille de vêtements qui ne m'appartient pas. Un petit bout d'eux contre ma peau trop frêle pour les sentir encore. Pas loin. Pour me dire que je ne suis pas seule et qu'il me suffit de tendre la main pour vivre des histoires semblables à celles qu'ils me racontent. Le CD tourne et libère les notes qu'on n'a pas assez partagé. J'ai été trop vite mais regarde, je ne t'ai pas menti. Elle commence à s'envoler.

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16 janvier 2007

Et puis basta.

Il s'est envolé sur un simple merci prématuré et un bisou délicatement posé sur ma joue. Je me tais. Je viens de me rendre compte que je suis à sa taille et que ma main tremble sur son épaule. Regarde, je suis devenue trop faible pour porter mon sac de mensonges sur mes deux épaules alors fais comme si tu ne voyais rien. Il a le don de détecter les gens tristes en enlevant prudemment la crasse qui s'incruste sur la pompe, comme un radar. Et moi je ne veux pas. Pas lui. Chut. J'embrasse le sol.
Décédé le ... à .... Finalement non. Il a fait marche arrière au milieu du long couloir blanc en laissant tomber toutes les mains qui lui étaient tendues. Prévention tertiaire. Des tonnes d'examens pour un bilan déjà envisagé. Il finira les genoux contre le béton, abattu par une maladie qui a déjà amorcé son processus de destruction. Je tombe.
Sur le tableau blanc, ils marquent "DCD" pour gagner du temps et de la place.
"Pas de remède miracle, je bouffe mes médicaments et puis basta" qu'il dit avec un sourire presque hypocrite. Elle aussi elle le trouve beau. Souvent il faut juste fermer les yeux et espérer être dans un rêve cauchemar. Ouais. Je crois que c'est une des rares personnes que je ne cesserai d'admirer. Et là, il me manque.

"L'avouer à mes parents, ce serait m'exposer à ce que le monde entier me chie au même moment sur la gueule, ce serait me faire chier sur la gueule par tous les minables de la terre, laisser ma gueule concasser par leur merde infecte. Mon souci principal, dans cette histoire, est de mourir à l'abri du regard de mes parents".

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12 janvier 2007

Impression de déjà vu.

Je ne suis pas tombée. Je me suis juste assise par terre pour anticiper la chute. Réflexe acquis. Je ne suis pas toute seule dans ce coin paumé mais je ne connais personne. Je ne veux pas. Une fois qu'ils seront ressourcés de cette couleur verte, ils se relèveront et traceront leur route en protestant qu'ils sont heureux. Mensonge.
Comme Elles Eux. On doit attendre en silence pour ne pas déranger ceux qui déshabillent leur coeur. Je nage dans l'incompréhension avec un voile sur les yeux. Question de pudeur. Faut toujours faire attention à la date de péremption.
Il a honte. Encore. Ce mot raisonne toujours trop fort. Je parcours mon répertoire à la recherche d'un prénom distributeur de sourires. En vain. J'ai la trouille du hors service alors je plonge j'me tais. Et lui il m'appelle pour me dire qu'il est complètement bourré et qu'il se sent juste heureux. C'est moche. T'as raison, baisse la tête.
Je suis une inculte des sentiments mais je suis polie. Rien à voir. Ça ne changera jamais. Et maintenant tout le monde se met à chialer. Même lui. Sa mise en scène vire au cauchemar et moi je me cache. Je sais où je dois poser mes doigts alors ne perds plus ton temps à me mentir. C'était juste un masque.

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02 janvier 2007

Des décibels dans le coeur.

Comme une évasion commune dans notre silence. C'est Elle. Et moi, un peu plus loin. 2h30. On dira aux gens que le mardi 2 janvier 2007 était une nuit magique. C'était notre nuit. Et pourtant. On s'en fout, ils n'auraient pas du dormir. Pine Forest Repose. On ferme les yeux pendant 5min49 pour se couper du monde et embrasser la solitude du bout des lèvres. Silence. Elle était belle. Et puis le titre, sur un CD encore vierge. On oubliera rien. Compte à rebours producteur de frissons. Et de rêves. Un peu.
3... 2... 1... 0. On aurait pu s'envoler si les souvenirs étaient moins lourds à porter.
La prochaine fois, on en laissera sur le côté et on brisera les chaînes qui nous retiennent à la réalité en battant des aîles. La prochaine nuit, on jouera dans la cours des gens heureux. Le temps d'une musique. Rien de plus. Why. La musique qui ferme la boucle de cette soirée magnifique. Un sourire. Et puis bonne nuit.

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01 janvier 2007

Sommeil paradoxal.

Ce soir, j'ai été trop loin. Les gens hurlent et débarquent brusquement dans mon sommeil. Muse dans les oreilles. Le sommeil paradoxal, c'est le moment des rêves.
Je reste immobile contre le sol trop froid en l'écoutant se vider progressivement. J'ai gaffé. Elle est belle quand elle pleure. Les ballons tombent et les messages défilent sur mon portable. Ça pue le bonheur. La voix de celle qui ne veut pas s'envoler fait couler machinalement mes larmes sur mon oreiller. Minuit. Je l'écoute hurler de joie sans rien dire. Je veux qu'elle parte. Mes yeux sont rouges et fatigués. Rouge, comme le sang. Ça devient ridicule. J'éteins les lumières et passe ma nuit à détester la solitude. L'année dernière on était sept. Excuse-moi.

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