16 janvier 2007

Et puis basta.

Il s'est envolé sur un simple merci prématuré et un bisou délicatement posé sur ma joue. Je me tais. Je viens de me rendre compte que je suis à sa taille et que ma main tremble sur son épaule. Regarde, je suis devenue trop faible pour porter mon sac de mensonges sur mes deux épaules alors fais comme si tu ne voyais rien. Il a le don de détecter les gens tristes en enlevant prudemment la crasse qui s'incruste sur la pompe, comme un radar. Et moi je ne veux pas. Pas lui. Chut. J'embrasse le sol.
Décédé le ... à .... Finalement non. Il a fait marche arrière au milieu du long couloir blanc en laissant tomber toutes les mains qui lui étaient tendues. Prévention tertiaire. Des tonnes d'examens pour un bilan déjà envisagé. Il finira les genoux contre le béton, abattu par une maladie qui a déjà amorcé son processus de destruction. Je tombe.
Sur le tableau blanc, ils marquent "DCD" pour gagner du temps et de la place.
"Pas de remède miracle, je bouffe mes médicaments et puis basta" qu'il dit avec un sourire presque hypocrite. Elle aussi elle le trouve beau. Souvent il faut juste fermer les yeux et espérer être dans un rêve cauchemar. Ouais. Je crois que c'est une des rares personnes que je ne cesserai d'admirer. Et là, il me manque.

"L'avouer à mes parents, ce serait m'exposer à ce que le monde entier me chie au même moment sur la gueule, ce serait me faire chier sur la gueule par tous les minables de la terre, laisser ma gueule concasser par leur merde infecte. Mon souci principal, dans cette histoire, est de mourir à l'abri du regard de mes parents".

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Posté par Escargotte à 17:13 - Commentaires [18] - Permalien [#]


Commentaires sur Et puis basta.

    ...

    Que te dire si je ne sais pas de qui tu parles. Je trouve qu'on peut ressentir dans tes écrits comme un degout de ce monde. J'aime bien l'effet un peu absurde que degagent tes textes sur moi qui ne comprends pas tout.
    C'est vrai que les parents sont un problème, toujours eux, toujours en trop, mais c'est quand même bien qu'ils soient là de temps en temps.
    Bisous, et porte toi bien.

    Posté par un petit ange..., 16 janvier 2007 à 19:42 | | Répondre
  • Toujours... Tu me chamboules et je ne sais vraiment vraiment pas quoi dire... Je n'aurais pas de mots suffisamment rassurants pour répondre aux larmes des tiens. Pas non plus envie d'ajouter des mots tristes à ceux-ci... non...
    Alors voilà... juste des pensées pour les âmes envolées... et pour les âmes blessées...

    Take care.

    Bisous.

    Posté par Mlle Coquelicot, 16 janvier 2007 à 19:45 | | Répondre
  • Un petit ange > Heureusement qu'ils sont là, oui. Il faut profiter. C'est juste ça.
    Mais imagine avouer à tes parents que la mort nous tient déjà la main et qu'on ne peut pas reculer ... Ou alors attendre. Cacher sa maladie et continuer à vivre sans rien changer. "Pour laisser vivre les amitiés libres comme l'air et insouciantes et éternelles". Juste avant que.
    Prends soin de toi.

    Mlle Coquelicot > Et pour les âmes condamnées ...
    Bisous.

    Posté par Escargotte, 16 janvier 2007 à 20:07 | | Répondre
  • Je pense - et excuse-moi su je me trompe - que ce texte est à mettre en lien avec un précédent dans lequel tu parlais déjà de ce phénomène irréversible. Je vais pas te dire que c'est bien écrit parce que je pense que c'est pas ça que tu attends, et tu sais bien ce que j'en pense de ton écriture.
    Courage, tu sais, la douleur de le perdre ne remplacera jamais le bonheur de l'avoir connu. Et ne sois pas triste. Il t'a donné une partie de toi, une immense richesse.
    Si tu as besoin...

    Posté par Etienne, 17 janvier 2007 à 00:10 | | Répondre
  • Moi aussi cette note me chamboule meme si j'ai un peu de mal a la cerner et a comprendre a quoi(qui)tu fais référence exactement.


    Douces pensées.

    Posté par dame mariane, 17 janvier 2007 à 14:14 | | Répondre
  • Etienne > Non tu ne te trompes pas. Toujours la même personne, toujours la même maladie. Mais il n'est pas parti, il se bat, il se soigne. Il profite de la vie comme personne d'autres. Mais il a aussi ses moments de déprime où il dort, il. Et nous on ne peut rien faire. Alors je continue à profiter de sa presence et de ses mots. Et puis de sa maladresse aussi.
    Bisous.

    dame mariane > Désolée, j'ai conscience de tout ça mais ... Et puis place à l'imagination, et si elle est fausse, tant pis ...
    Bisous.

    Posté par Escargotte, 17 janvier 2007 à 15:49 | | Répondre
  • Je sais qu'il n'est pas parti Escargotte. Je sais. Courage. Profite. Bisous.

    Posté par Etienne, 17 janvier 2007 à 16:00 | | Répondre
  • °°°

    Comme les autres, je ne sais pas quoi dire...
    On ne sait pas exactement de qui tu parles mais c'est touchant.

    Bises

    Posté par Headbanging, 17 janvier 2007 à 22:38 | | Répondre
  • Headbanging > Merci, j'espère que tu vas bien toi. Apparement t'as fini tes partiels, c'est déjà une bonne chose

    Posté par Escargotte, 18 janvier 2007 à 14:37 | | Répondre
  • certes

    Posté par dame mariane, 19 janvier 2007 à 00:35 | | Répondre
  • Je suis toujours aussi bouleversée ... même si je te l'ai déjà dit ...
    Courage demoiselle, et puis je t'oublie pas, tu sais.

    Posté par Pimprenaile, 20 janvier 2007 à 00:02 | | Répondre
  • ...

    J'aime beaucoup ton style d'ecriture, ta pudeur des mots...
    trés beau texte...
    porte toi bien...

    Posté par inconnue, 21 janvier 2007 à 11:22 | | Répondre
  • Pimprenaile > Merci ... Prends soin de toi.

    Inconnue > Merci beaucoup ...

    Posté par Escargotte, 21 janvier 2007 à 13:23 | | Répondre
  • l'avenir n'est pas écrit à l'avance

    Posté par Jef (20six), 23 janvier 2007 à 15:08 | | Répondre
  • Hey...

    Ma tite escargotte, qu'est ce qui t'arrives ? Je m'aperçois que le sol s'effondre sous tes pieds et tu restes là sans bouger parce que rien ne peut plus t'atteindre, bien au contraire... Tu sais que je suis là, je ne te laisse pas a terre, je ne joue pas avec les fils de la marionnette, je lui ai donné un coeur... Respire... Respire lentement, regarde moi, sèche tes larmes... N'aie plus peur, je suis là, viens dans mes bras et partons ! Partons loin...

    Posté par Punky Light, 27 janvier 2007 à 13:57 | | Répondre
  • Jef (20six) > Oui, et heureusement, je crois ...

    Punky Light > J'essaye d'imaginer ... Comme toujours. Merci d'être là ...

    Posté par Escargotte, 28 janvier 2007 à 17:42 | | Répondre
  • Toi...

    Parle moi, s'il te plait, ne reste pas dans ta mélancolie dévastatrice... Je suis là, je t'accompagne, je te tiens la main...

    Posté par Punky Light, 28 janvier 2007 à 17:49 | | Répondre
  • Punky Light > Je te lis tu sais ...

    Posté par Escargotte, 28 janvier 2007 à 18:58 | | Répondre
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